Rééducation Active vs Passive en Kinésithérapie du Sport : Ce que Dit la Science
Dernière mise à jour : mars 2026 | Temps de lecture : 15 minutes | 14 références scientifiques

« Allongez-vous, on va travailler dessus. »
Pendant des décennies, cette phrase a résumé l’essentiel de la prise en charge en kinésithérapie. Le patient s’allonge. Le kiné travaille. Thérapie manuelle,ultrasons, électrothérapie, cryothérapie. Le patient est passif. Le thérapeute est actif.
Ce paradigme est en train de s’inverser.
Et les données scientifiques accumulées depuis quinze ans ne laissent plus beaucoup de place au doute : dans la grande majorité des situations rencontrées en kinésithérapie du sport, la rééducation active produit des résultats supérieurs à la rééducation passive —en termes de récupération fonctionnelle, de prévention des récidives et de retour durable au sport.
Cela ne signifie pas que la thérapie manuelle est inutile. Cela signifie qu’elle n’est pas suffisante, et qu’elle ne devrait jamais constituer le cœur exclusif d’une prise en charge. Voici ce que disent 14 études publiées dans le British Journal of Sports Medicine, The Lancet, l’American Journal of Sports Medicineet d’autres journaux de référence —et ce que cela implique concrètement pour votre pratique quotidienne
1. Définitions : rééducation passive vs active, de quoi parle-t-on ?
Avant d’entrer dans les preuves, clarifions les termes pour éviter les faux débats.
La rééducation passive englobe toutes les interventions où le patient reçoit le traitement sans participation motrice volontaire. Cela inclut la thérapie manuelle (mobilisations articulaires, manipulations, massage des tissus mous), les agents physiques (ultrasons, TENS, ondes de choc, laser, cryothérapie), les étirements passifs, le taping et les contentions, les injections (corticostéroïdes, PRP, viscosupplémentation), ainsi que la mobilisation passive continue. Le dénominateur commun : le patient ne produit pas d’effort volontaire, ne contrôle pas le mouvement, ne développe pas de compétence motrice transférable.
La rééducation active regroupe les interventions qui requièrent une participation motrice volontaire et un engagement cognitif du patient. Elle comprend les exercices thérapeutiques (renforcement, proprioception, contrôle moteur), les programmes de loading progressif (isométrique, concentrique, excentrique, pliométrique), la réathlétisation spécifique à la tâche sportive, l’éducation thérapeutique et l’autogestion, ainsi que les programmes de prévention basés sur l’exercice. Le dénominateur commun : le patient est acteur de sa rééducation, développe des capacités physiques mesurables et acquiert une autonomie qui persiste après la fin du traitement.
En pratique clinique, la plupart des prises en charge modernes combinent les deux. La vraie question n’est donc pas « l’une ou l’autre » mais : quelle place accorder à chacune, à quel moment, et dans quel ordre ? C’est précisément ce à quoi la littérature récente répond.

2. La science du loading : pourquoi charger les tissus les répare ?
Pour comprendre pourquoi la rééducation active surpasse la rééducation passive, il faut comprendre un concept fondamental: la mécanothérapie.
En 2009, Khan et Scott ont publié dans le British Journal of Sports Medicineun article fondateur expliquant comment la prescription d’exercice par le physiothérapeute favorise la réparation tissulaire (Khan & Scott, 2009). Le mécanisme central est la mécanotransduction : les cellules des tissus musculosquelettiques (tendons, muscles, os, cartilage) perçoivent les contraintes mécaniques et les convertissent en signaux biochimiques qui stimulent la synthèse de collagène, le remodelage tissulaire et l’adaptation structurelle.
En d’autres termes, les tissus ont besoin de charge pour se réparer et s’adapter.
Un tendon qu’on ne charge pas ne se remodèle pas. Un muscle qu’on ne sollicite pas s’atrophie. Un os qu’on ne soumet pas à des contraintes perd de sa densité. Le repos prolongé n’est pas neutre —il est potentiellement délétère.
Glasgow, Phillips et Bleakley ont précisé ce concept en 2015 dans le BJSMen définissant le loading optimal : la manipulation progressive de la magnitude, de la direction et de la variation de la charge appliquée, tout en maintenant la qualité du mouvement (Glasgow et al., 2015).
Ce n’est pas « charger plus » —c’est charger mieux, au bon moment, avec les bonnes variables. C’est cette compréhension qui sous-tend tout le reste de cet article.
Khan KM, Scott A.Mechanotherapy: how physical therapists’ prescription of exercise promotes tissue repair. Br J Sports Med. 2009;43(4):247-252.
Glasgow P, Phillips N, Bleakley C.Optimal loading: key variables and mechanisms. Br J Sports Med. 2015;49(5):278-279

3. Cinq preuves clés en faveur de la rééducation active
3.1 - De RICE à PEACE & LOVE : la fin du repos passif
L’évolution des acronymes de prise en charge des blessures aiguës des tissus mous raconte à elle seule le basculement de paradigme. RICE (Rest, Ice, Compression, Elevation) a dominé pendant trente ans. Puis PRICE (avec Protection) et POLICE (Protection, Optimal Loading, Ice, Compression, Elevation) ont commencé à intégrer la notion de charge.
En 2020, Dubois et Esculier ont publié dans le British Journal of Sports Medicinel’acronyme PEACE & LOVE, qui achève cette révolution (Dubois & Esculier, 2020). PEACE couvre la phase aiguë : Protection, Elevation, Avoid anti-inflammatory medication, Compression, Education. LOVE couvre la phase subaiguë et au-delà : Load, Optimism, Vascularisation, Exercise.
Trois points méritent l’attention du clinicien. Le « A » de PEACE recommande d’éviter les anti-inflammatoires, car ils peuvent compromettre la réparation tissulaire optimale —une rupture nette avec la pratique historique. Le « L » de LOVE place le chargement comme premier pilier de la phase de récupération, pas comme un complément tardif. Et le « E » de LOVE consacre l’exercice comme composante centrale et non négociable de la prise en charge.
Le message est sans ambiguïté : le repos prolongé est délétère.
Dès que la phase de protection le permet, le patient doit être remis en charge de manière contrôlée et progressive.
Dubois B, Esculier JF.Soft-tissue injuries simply need PEACE and LOVE. Br J Sports Med. 2020;54(2):72-73

3.2 - Tendinopathies : le loading progressif comme traitement de référence
Les tendinopathies sont le cas d’école du débat actif vs passif, et c’est probablement le domaine où les preuves en faveur du loading actif sont les plus solides.
Le cadre conceptuel : le continuum de Cook & Purdam
En 2009, Cook et Purdam ont proposé un modèle de pathologie tendineuse en trois stades : tendinopathie réactive, tendon en disrepair, et tendinopathie dégénérative (Cook & Purdam, 2009). Ce modèle —cité plus de 250 fois depuis sa publication —a une implication clinique directe : le loading doit être adapté au stade de pathologie. Un tendon réactif ne se charge pas comme un tendon dégénératif. Mais dans les trois stades, le loading est au cœur de la stratégie thérapeutique.
L’isométrique comme analgésique immédiat
L’étude de Rio et al. (2015) a marqué un tournant.
Chez des volleyeurs souffrant de tendinopathie patellaire, les auteurs ont démontré que l’exercice isométrique produisait une analgésie immédiate spectaculaire : douleur réduite de 7/10 à 0,17/10 en 45 minutes, avec une réduction parallèle de l’inhibition corticale du quadriceps (Rio et al., 2015). Le mécanisme n’est pas simplement périphérique —il est cortical, ce qui explique l’amplitude de l’effet. Pour le clinicien, c’est une alternative active et immédiate aux approches antalgiques passives (glace, TENS, ultrasons).
Heavy Slow Resistance vs excentrique
En 2015, Beyer et al. ont comparé le protocole Heavy Slow Resistance (HSR) au protocole excentrique classique (Alfredson) dans la tendinopathie d’Achille.
Les résultats cliniques à 12 semaines étaient équivalents, mais le HSR présentait deux avantages décisifs : une satisfaction patient plus élevée (100% vs 80%) et une meilleure compliance (92% vs 78%) (Beyer et al., 2015). L’explication probable : le HSR est perçu comme plus fonctionnel et moins monotone par les patients.
La synthèse de Malliaras
La revue systématique de Malliaras et al. (2013), publiée dans Sports Medicine, a identifié un résultat crucial : dans les tendinopathies patellaires et achilléennes, le seul mécanisme systématiquement associé à l’amélioration clinique était la performance neuromusculaire – c’est-à-dire la force, l’endurance et le travail produit par le patient (Malliaras et al., 2013).
Ni les modifications d’imagerie, ni la réduction de la néovascularisation n’étaient des prédicteurs fiables. C’est la fonction active qui prédit le résultat clinique.
Le contraste avec les injections
Pour mesurer l’écart entre approches active et passive, la méta-analyse de Coombes et al. publiée dans The Lancet(2010) est éclairante.
À partir de 41 essais randomisés, les auteurs ont démontré que les injections de corticostéroïdes —traitement passif par excellence —produisent un soulagement significatif à court terme, mais que cet effet s’inverse à moyen et long terme : les patients injectés ont des résultats inférieurs et des taux de récidive significativement plus élevés que ceux traités par physiothérapie active (Coombes et al., 2010). Le corticostéroïde achète du temps. L’exercice construit de la résilience.
Cook JL, Purdam CR.Is tendon pathology a continuum? Br J Sports Med. 2009;43(6):409-416.
Rio E, Kidgell D, Purdam C, et al.Isometric exercise induces analgesia and reduces inhibition in patellartendinopathy. Br J Sports Med. 2015;49(19):1277-1283.
Beyer R, Kongsgaard M, et al.Heavy Slow Resistance vs Eccentric Training as Treatment for Achilles Tendinopathy. Am J Sports Med. 2015;43(7):1704-1711.
Malliaras P, Barton CJ, et al.Achilles and Patellar Tendinopathy Loading Programmes: A Systematic Review. Sports Med. 2013;43(4):267-286.
Coombes BK, Bisset L, Vicenzino B.Efficacy and safety of corticosteroid injections for management of tendinopathy. The Lancet. 2010;376(9754):1751-1767

3.3 - Le renforcement réduit les blessures de plus d'un tiers
Si les sections précédentes traitent de la réparation, celle-ci traite de la prévention —et les résultats sont encore plus nets.
La méta-analyse de Lauersen et al. (2014), publiée dans le BJSM, reste l’une des plus citées en médecine du sport. À partir de 25 essais randomisés portant sur 26 610 participants et 3 464 blessures, les auteurs ont stratifié l’effet de différentes formes d’exercice sur la prévention des blessures sportives. Les résultats sont sans appel : le renforcement musculaire réduit les blessures sportives à moins d’un tiers (RR 0,315 ; IC 95% : 0,207-0,480). Les blessures de surcharge peuvent être réduites de près de moitié. La proprioception et les programmes multi-composantes montrent aussi des effets favorables. Et les étirements —intervention passive par définition —ne montrent aucun effet bénéfique sur la prévention des blessures (RR 0,963 ; IC 95% : 0,846-1,095) (Lauersen et al., 2014).
En 2018, les mêmes auteurs ont publié une mise à jour ciblée sur le renforcement dans le BJSM. Les conclusions sont renforcées : le renforcement réduit le risque de blessure de plus de moitié (RR 0,338), l’effet est dose-dépendant (chaque augmentation de 10% du volume de renforcement réduit davantage le risque), et le niveau de certitude est « élevé » selon l’évaluation GRADEpro (Lauersen et al., 2018).
L’implication pour le kiné du sport est directe : la meilleure prévention des récidives n’est pas une séance de thérapie manuelle hebdomadaire —c’est un programme de renforcement actif, progressif et supervisé
Lauersen JB, Bertelsen DM, Andersen LB.The effectiveness of exercise interventions to prevent sports injuries: a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. Br J Sports Med. 2014;48(11):871-877.
Lauersen JB, Andersen TE, Andersen LB.Strength training as superior, dose-dependent and safe prevention of acute and overuse sports injuries. Br J Sports Med. 2018;52(24):1557-1563

3.4 - L'épaule du sportif : l'exercice comme traitement de première ligne
La rééducation de l’épaule est un terrain où le débat actif/passif a longtemps été vif. Les données récentes tranchent clairement.
En 2021, le GRASP Trial—un essai randomisé contrôlé multicentrique portant sur 708 patients souffrant de pathologies de la coiffe des rotateurs —a été publié dans The Lancet. Les résultats montrent que l’injection de corticostéroïdes ne procure aucun bénéfice cliniquement significatif à moyen et long terme par rapport au placebo, tandis que l’exercice progressif constitue le traitement de référence (Hopewell et al., 2021). Cette étude, par sa taille, sa qualité méthodologique et son journal de publication, a considérablement renforcé le consensus en faveur de l’exercice actif dans les pathologies de la coiffe.
Ces résultats s’inscrivent dans la continuité de la revue de Littlewood et al. (2013), qui avait déjà conclu que l’exercice gradué devrait être le traitement de première intention pour les tendinopathies de la coiffe des rotateurs, avec des résultats équivalents à la chirurgie à moyen terme, pour un coût et un risque considérablement inférieurs (Littlewood et al., 2013).
Pour le kiné du sport, le message est clair : face à une épaule douloureuse, la thérapie manuelle peut faciliter l’accès à l’exercice en modulant la douleur et en restaurant la mobilité à court terme, mais c’est le programme de renforcement progressif qui détermine le résultat à long terme.
Hopewell S, et al. (GRASP Trial).Progressive exercise vs best practice advice ± corticosteroid injection for rotator cuff disorders. The Lancet. 2021;398(10298):416-428.
Littlewood C, et al.A review of systematic reviews of conservative interventions for rotator cuff tendinopathy. Shoulder & Elbow. 2013;5(3):160-167

3.5 - Le retour au sport : l'ultime preuve que l'actif gagne
Si la rééducation active surpasse la rééducation passive dans la gestion de la douleur et la réparation tissulaire, c’est dans le retour au sport que l’écart devient un gouffre. Parce que le retour au sport ne peut pas être passif par définition.
L’étude de Grindem et al. (2016), issue de la cohorte Delaware-Oslo sur les reconstructions du LCA, a démontré que des critères de retour au sport basés sur des mesures actives objectives réduisent le risque de re-blessure de 84%. Plus spécifiquement, les auteurs ont montré que chaque 1% de déficit de force du quadriceps sous le seuil de 90% de l’index de symétrie des membres (LSI) augmente le risque de re-blessure du genou de 3% (Grindem et al., 2016).
Le contraste entre les deux approches est saisissant : 38,2% des athlètes qui ont repris le sport sans remplir les critères actifs ont subi une re-blessure, contre seulement 5,6% de ceux qui les ont remplis. Et chaque mois supplémentaire de rééducation active (jusqu’à 9 mois) réduisait le risque de 51%.
Ces données rendent un verdict sans appel : « plus de douleur » n’est pas un critère de retour au sport. Les hop tests, les évaluations de force isocinétique, les critères de symétrie —ce sont des mesures de capacité active. Aucun traitement passif ne peut les améliorer. Seul l’entraînement actif, progressif et supervisé le peut.
Silbernagel et al. (2007) avaient d’ailleurs démontré dans l’American Journal of Sports Medicinequ’il est possible de maintenir l’activité sportive pendant la rééducation d’une tendinopathie d’Achille, à condition d’utiliser un modèle de monitoring de la douleur. Les patients qui ont continué le sport avec ce modèle actif n’ont montré aucun effet négatif par rapport au groupe qui avait arrêté complètement, avec des résultats cliniques équivalents à 12 mois (Silbernagel et al., 2007). Encore une fois : le mouvement contrôlé surpasse le repos.
Grindem H, et al.Simple decision rules can reduce reinjury risk by 84% after ACL reconstruction. Br J Sports Med. 2016;50(13):804-808.
Silbernagel KG, et al.Continued sports activity using a pain-monitoring model during rehabilitation in Achilles tendinopathy. Am J SportsMed. 2007;35(6):897-906
4. Alors, faut-il abandonner la thérapie manuelle ?

Non. Et ce serait une lecture réductrice de la littérature que de le prétendre.
La thérapie manuelle conserve un rôle clinique pertinent, mais ce rôle est celui d’un facilitateur, pas d’un traitement principal. Trois situations justifient son utilisation dans le cadre d’une prise en charge active.
La première est la modulation de la douleur à court terme. Les mobilisations articulaires et les manipulations produisent une hypoalgésie neurophysiologique documentée. Elles ouvrent une fenêtre thérapeutique pendant laquelle le patient tolère mieux les exercices actifs. C’est un « déverrouillage » —pas un traitement en soi.
La deuxième est la restauration de la mobilité articulaire quand un déficit de mobilité limite la capacité du patient à réaliser les exercices thérapeutiques. Si un patient ne peut pas lever le bras au-dessus de 90° à cause d’une restriction gléno-humérale, la thérapie manuelle peut restaurer l’amplitude nécessaire pour que le renforcement actif devienne possible.
La troisième est l’alliance thérapeutique. Le toucher thérapeutique a une valeur relationnelle et contextuelle. Il renforce la confiance du patient et son engagement dans le processus de soins, ce qui peut améliorer l’adhérence au programme d’exercices.
Le problème survient quand la thérapie manuelle devient le traitement principal au lieu d’un facilitateur. Un patient qui vient trois fois par semaine « se faire manipuler » sans programme d’exercices progressif n’est pas en rééducation —il est en maintenance passive. Et comme nous l’avons vu avec Coombes (2010), Lauersen (2014, 2018) et le GRASP Trial (2021), cette approche ne produit pas de résultats durables.
L’analogie est simple : la thérapie manuelle est l’échauffement. L’exercice actif est le match.
5. Guide pratique : intégrer plus de rééducation active dans votre pratique
Si vous êtes convaincu par les données mais que vous ne savez pas par où commencer, voici un cadre concret en cinq étapes.
Étape1 : Évaluez votre ratio actif/passif actuel
Chronométrez une séance type. Combien de minutes le patient est-il allongé passivement ? Combien de minutes est-il en mouvement actif ? Si le ratio est inférieur à 50/50 en faveur de l’actif, il y a une marge deprogression immédiate. L’objectif à terme : 70-80% de la séance en actif.
Étape 2 : Utilisez la thérapie manuelle comme ouverture de fenêtre
Structurez vos séances avec 5 à 10 minutes de thérapie manuelle ciblée en début de séance pour moduler la douleur et restaurer la mobilité nécessaire. Puis consacrez le reste de la séance aux exercices actifs. La thérapie manuelle prépare le terrain —elle ne remplace pas le travail.
Étape 3 : Maîtrisez le loading progressif adapté au stade
En vous appuyant sur le continuum de Cook & Purdam (2009) et les travaux de Rio (2015), Beyer (2015) et Malliaras (2013), structurez vos programmes de loading selon une progression clinique rationnelle. On débute par l’isométrique pour le soulagement de la douleur et le maintien de la charge (Rio et al., 2015 —réduction de 7/10 à 0,17/10 en 45 min). Puis on passe à l’isotonique lent de type Heavy Slow Resistance pour la restructuration tissulaire et la satisfaction patient (Beyer et al., 2015 —100% satisfaction, 92% compliance). Ensuite l’excentrique ciblé selon le stade et la localisation. Puis les exercices fonctionnels spécifiques à la tâche du patient. Et enfin la réathlétisation avec critères objectifs de progression (Grindem et al., 2016 —LSI > 90%).
Étape 4 : Dosez avec les bonnes variables
Glasgow et al. (2015) définissent le loading optimal par la manipulation de trois variables : la magnitude (combien de charge), la direction (quel vecteur de force) et la variation (comment la charge change dans le temps). Ajoutez-y le Rate of Force Development (RFD), la vitesse d’exécution et le type de contraction, et vous avez un arsenal de prescription d’exercice infiniment plus puissant que « 3 séries de 10 répétitions avec un élastique jaune ».
Étape 5 : Éduquez et responsabilisez vos patients
Expliquez à vos patients pourquoi l’exercice est le traitement principal, pas un complément optionnel. Montrez-leur la logique de la progression. Donnez-leur des outils d’auto-évaluation (échelle de douleur, journal de charge). L’adhérence n’est pas un problème de motivation —c’est un problème de compréhension. Un patient qui comprend pourquoiil charge son tendon adhère mieux qu’un patient à qui on dit simplement « faites vos exercices »

6. L'approche K-LYF : la rééducation active au cœur de l'écosystème thérapeutique
Chez K-LYF, la rééducation active n’est pas un module parmi d’autres. C’est le principe organisateur de tout notre écosystème de formation.
Notre conviction —fondée sur plus de 10 ans de pratique clinique auprès de sportifs professionnels et sur l’analyse continue de la littérature scientifique —est que la kiné du sport moderne repose sur la capacité du thérapeute à évaluer, prescrire, doser et superviser des contraintes spécifiques, déterminées et contrôlées.
C’est pour cette raison que le diplôme Kiné-ProSport place le diagnostic différentiel systémique comme point de départ. Avant de prescrire un exercice, il faut identifier la cause primaire et secondaire. Un programme de renforcement mal orienté peut être aussi inefficace qu’un traitement passif. Le diagnostic guide le dosage.
C’est aussi pour cette raison que nous insistons sur la maîtrise de la biotechnique—la compréhension fine des vecteurs de force, du RFD, de la variation des contraintes. Parce que la différence entre un exercice générique et une prescription d’exercice de qualité, c’est la précision du dosage en fonction du patient, du stade tissulaire et de l’objectif fonctionnel.

Et c’est pour cette raison que chaque formation de l’écosystème K-LYF intègre une dimension active spécifique. Shoulder 2.0 pousse l’épaule dans ses retranchements —de la thérapie manuelle à la réathlétisation complète. TRAICK aborde le coureur avec une approche holistique intégrant l’analyse de la charge d’entraînement. ANKLE 2.0 va du diagnostic du complexe pied-cheville à la réathlétisation par exercice actif. PRO-FTS apporte l’analyse de mouvement et le loading isométrique comme outils d’évaluation et de traitement.
Et Neurodynamics permet de lever les inhibitions neurales qui empêchent le patient de se mettre en charge —parce que la capacité à charger dépend d’abord de la levée des freins.
Notre philosophie tient en une phrase : placer le patient au centre du processus rééducatif afin de développer ses qualités de mouvement —force, tâche et sport. C’est exactement ce que la science recommande.


Conclusion : le futur de la kiné du sport est actif
La convergence des preuves scientifiques est sans équivoque. De RICE à PEACE & LOVE (Dubois & Esculier, 2020), le repos prolongé a cédé la place au loading précoce. Les méta-analyses de Lauersen (2014, 2018) démontrent que le renforcement réduit les blessures de plus de moitié, avec un effet dose-dépendant et un niveau de certitude élevé.Les travaux de Cook, Rio, Beyer et Malliaras établissent le loading progressif comme traitement de référence des tendinopathies. Le GRASP Trial (2021) confirme la supériorité de l’exercice sur les injections dans l’épaule. Et Grindem (2016) prouve que descritères de retour au sport basés sur la force réduisent les re-blessures de 84%.
La thérapie manuelle n’est pas morte. Mais son rôle a changé : elle est un facilitateur au service de l’exercice, pas un traitement autonome. L’échauffement, pas le match.Le véritable art du kiné du sport en 2026 réside dans la maîtrise du continuum de charge —du premier jour post-blessure jusqu’au retour au sport —avec un diagnostic précis, un dosage individualisé et des critères objectifs de progression à chaque étape.
C’est exactement ce que nous enseignons chez K-LYF. Pas des recettes. Pas des techniques isolées. Une méthode evidence-based, cohérente et intégrée.Parce que la kiné du sport, ce n’est pas seulement poser les mains. C’est mettre le patient en mouvement
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Références bibliographiques
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Cet article a été rédigé par l’équipe K-LYF sur la base d’une revue de la littérature scientifique.
Toutes les références sont vérifiables sur PubMed. K-LYF est un organisme de formation certifié Qualiopi spécialisé en kinésithérapie du sport et rééducation active.